Est-ce de l’art ? (Partie 1)

L’art véritable suscite toujours une contribution de la part de celui qui le contemple, qui l’écoute ou qui en fait l’expérience

Lorsqu’une œuvre, une peinture, de la musique ou toute autre forme, permet une communication réciproque, c’est vraiment de l’art. De temps à autre on entend des critiques à l’égard d’un artiste dont l’œuvre est trop «littérale» ou trop «banale». Mais on a rarement, voire jamais, entendu une définition de «littéral» ou de «banal». De nombreux artistes restent bloqués sur ce point, en protestation. Certaines écoles d’avant-garde s’égarent complètement en évitant tout aspect «littéral» ou «banal»… et réussissent ainsi à rompre totalement la communication !

Le flux que renvoie la personne qui contemple une œuvre serait sa contribution. L’art véritable suscite toujours une contribution de la part de celui qui le contemple, qui l’écoute ou qui en fait l’expérience. Par contribution, on entend « y ajouter quelque chose ».

Une illustration est « littérale » car elle montre tout ce qu’il y a à savoir. Disons que l’illustration représente un tigre s’approchant d’une fille enchaînée. Le degré de qualité d’exécution de la peinture n’a pas vraiment d’importance ; elle reste une illustration et elle EST littérale. Mais maintenant, prenons une petite partie de la scène et agrandissons-la. Prenons par exemple la tête du tigre avec son œil menaçant et ses crocs. Tout à coup, nous n’avons plus une illustration. Elle n’est plus « littérale ». Et la raison en est que celui qui la regarde peut faire concorder cette expression avec ses propres concepts, idées ou expériences : il peut fournir la raison de cette gueule menaçante, comparer la tête à celle de quelqu’un qu’il connaît. En résumé, il peut apporter sa CONTRIBUTION à la tête.

Le niveau de compétence dans l’exécution de la tête détermine le degré de réponse qu’obtiendra l’œuvre. C’est de l’art, parce que la personne qui regarde l’image peut y contribuer.

Dans le domaine de la musique, l’auditeur peut participer avec ses émotions ou ses mouvements. Et même si la musique ne consiste qu’en un unique son de tambour, c’est vraiment de l’art si cela suscite une contribution sous forme d’émotion ou de mouvement.

L’œuvre qui donne beaucoup et obtient peu ou rien en retour n’est pas de l’art. La mélodie « banale » ou ressassée, la forme trop évidente génère peu, voire pas de contribution de la part du spectateur. L’œuvre trop confuse ou trop médiocrement exécutée peut ne pas obtenir de contribution.

Par la même occasion, on peut se demander si une photographie parviendra un jour à être de l’art — une polémique qui fait rage depuis un siècle ou plus. On pourrait répondre qu’il est difficile de trancher, car l’on doit déterminer à quel point le photographe a contribué à la « réalité » ou à l’aspect « littéral » qui se trouve devant son appareil photo, et comment il les a interprétés. Mais la question consiste vraiment à savoir si cette photographie suscite ou non une contribution chez l’observateur. Si tel est le cas, c’est de l’art. […]

Le texte « Est-ce de l’art ? » écrit par Ron Hubbard, est disponible dans son entièreté dans le volume de ‘La collection L. Ron Hubbard’ : Photographie : écrire avec la lumière.

Voir partie 2