La CCDH célèbre 50 ans d’éradication de la violence dans le domaine de la santé mentale

À l’occasion de son 50e anniversaire, la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme récompense les réalisations exceptionnelles et réitère son engagement en faveur de l’élimination complète des abus psychiatriques.

Des défenseurs des droits de l’Homme, des législateurs, des médecins, des avocats et des responsables sociaux et communautaires venus du monde entier se sont réunis à l’hôtel Langham à Pasadena, en Californie, pour le gala du 50e anniversaire de la CCDH.

Durant la conférence annuelle répartie sur trois jours, un gala a mis en lumière les réussites importantes des cinq dernières décennies par le groupe de surveillance international des droits de l’Homme basé à Los Angeles.

Chaque année, la CCDH décerne des prix des droits de l’Homme aux personnes qui font preuve d’un courage exemplaire dans la lutte pour le rétablissement des droits fondamentaux dans le domaine de la santé mentale.

Parmi les lauréats 2019 du prix CCDH, on a pu voir : le scénariste, producteur et réalisateur, Kevin Miller qui a braqué ses projecteurs sur les dommages profonds et atroces causés par les psychotropes au travers de ses documentaires Generation RX et Letters from Generation RX. Ces films racontent les histoires de milliers de personnes qui ont vécu leur propre préjudice et mettent à jour les dangers cachés des antidépresseurs et antipsychotiques.

Un autre lauréat est monté sur scène. Depuis plus de 30 ans, l’avocat texan Andy Vickery s’est attaqué aux sociétés pharmaceutiques au sujet de la violence et des effets de suicide induits par les drogues psychotropes. Son jugement de 6,4 millions de dollars pour la famille d’un homme qui a tué trois proches et était lui-même sous l’antidépresseur Paxil. M. Vickery, dont la passion est de rendre justice à ceux qui ont été blessés par des médicaments psychiatriques, a été surnommé « le cauchemar juridique d’Eli Lilly and Co ».

La CCDH a été cofondée par l’Église de Scientologie et professeur de psychiatrie, le Dr Thomas Szasz, en 1969. Lorsqu’un groupe de scientologues a appris que le réfugié hongrois Victor Gyory avait été privé de l’assistance d’un avocat, qu’il avait été arrêté, drogué et avait subi des électrochocs contre son gré, CCDH a déposé une demande d’habeas corpus (loi anglaise garantissant le principe de liberté individuelle) et a fait libérer Gyory de l’hôpital – la première d’une série de victoires sans précédent.

Au début des années 1970, en Afrique du Sud, durant l’apartheid, le CCDH découvrit que des psychiatres avaient incarcéré 10 000 Noirs et les utilisaient comme esclaves. La CCDH a documenté les crimes y compris les électrochocs sans anesthésie et a montré comment ils les laissaient mourir de maladies facilement guérissables.

Après la chute de l’apartheid, le CCDH a obtenu une enquête gouvernementale nationale sur le racisme psychiatrique dans les institutions. Ils ont également présenté à la Commission de vérité et de réconciliation sud-africaine un témoignage sur le rôle de la psychiatrie dans l’abus de l’apartheid.

En 1976, le CCDH a contribué à l’adoption d’une loi californienne interdisant l’utilisation de l’électrochoc (ECT) et de la psychochirurgie sur des enfants et des adolescents. Désormais utilisée comme modèle dans le monde entier, la loi a incité d’autres pays à adopter des restrictions et, en Australie, à imposer des sanctions pénales si l’ECT était administré à des mineurs.

Pendant une décennie, le CCDH a examiné et dévoilé le traitement du sommeil profond (DST) à l’hôpital psychiatrique privé de Chelmsford à Sydney, en Australie. Les patients ont été rendus inconscients avec des médicaments et des électrochocs chaque jour – 48 sont décédés. Le résultat a été la loi sur la santé mentale de 1983 faisant de l’utilisation de la DST par les psychiatres une infraction pénale et, en 1990, une commission royale sur les traitements de la santé mentale.

Après que la CCDH ait exposé des conditions inhumaines dans des asiles italiens, 97 d’entre eux ont été fermés et les patients ont appris à prendre soin d’eux-mêmes pour la première fois de leur vie.

En Allemagne, la CCDH a enquêté sur le rôle des psychiatres allemands dans l’Holocauste, aboutissant à la publication en 1995 Psychiatres : Les hommes derrière Hitler. En 2010, le Dr Frank Schneider, président de l’Association allemande de psychiatrie, psychothérapie et psychosomatique (DGPPN), a présenté ses excuses et a avoué que les psychiatres allemands « avaient menti et trompé les patients placés sous leurs soins et leur famille. Ils les ont forcés à être stérilisés, ont organisé leur mort et ont même commis eux-mêmes des tueries. Ils ont également assassiné des enfants handicapés physiques et mentaux dans plus de 30 hôpitaux psychiatriques et pédiatriques. »

En 1991, la CCDH a contribué à faire en sorte que la FDA organise des audiences sur les antidépresseurs et leur implication dans des réactions suicidaires et homicides chez les utilisateurs. Il a fallu 13 ans de travail acharné aux côtés de parents, d’experts médicaux et d’avocats pour obliger la FDA à avertir que les antidépresseurs peuvent provoquer des pensées et des actions suicidaires pour les patients de 18 ans et en-dessous.

En 2007, le CCDH a contribué à sécuriser le libellé du projet de loi sur la réforme de la FDA, obligeant toutes les publicités pharmaceutiques imprimées à conseiller aux patients de signaler les effets indésirables des médicaments directement à la FDA. À la suite des premières annonces, les déclarations de médicaments indésirables ont augmenté de 33%.

La CCDH a soumis des propositions au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies (UNCRC), mettant en garde contre la prescription massive de médicaments psychotropes aux enfants de 14 pays. L’UNCRC a répondu par des audiences sur le taux croissant d’enfants étiquetés comme étant atteints d’un trouble de l’hyperactivité avec déficit de l’attention (ADHD) et traités avec des psychostimulants. Il a recommandé la mise en place d’un système de « surveillance de l’utilisation excessive de psychostimulants chez les enfants ».

En 2010 et 2012, le CCDH de Nouvelle-Zélande a présenté au Comité des Nations Unies contre la torture des rapports détaillant les violations des droits de l’Homme commises à l’hôpital Lake Alice en Nouvelle-Zélande, où les ECTs et d’autres techniques psychiatriques coercitives étaient utilisés pour punir les enfants. L’ONU a réagi en enjoignant au gouvernement néo-zélandais de mettre en place des systèmes visant à prévenir les abus psychiatriques à l’avenir.

Le combat mené par la CCDH, durant des dizaines d’années, à dévoiler les traitements psychiatriques en tant que torture fut justifié en 2013 par le rapport d’un Rapporteur des Nations Unies qui invitait les États à « interdire de manière absolue toutes les interventions médicales forcées et non consensuelles contre les personnes handicapées, y compris l’administration non consensuelle de psychochirurgie, électrochocs et médicaments psychotropes. »

Près de 200 lois et d’innombrables réglementations protégeant les droits de l’Homme dans le domaine de la santé mentale témoignent aujourd’hui de la passion et de la persévérance des membres, partenaires et sympathisants de la CCDH.