Centre psychiatrique Philippe Pinel : malades encore enchaînés

La Commission des Citoyens pour les droits de l’Homme (CCDH) dénonce les faits de maltraitance dans l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel d’Amiens et réclame qu’une enquête y soit faite. Cette démarche fait suite à la visite d’une députée au centre hospitalier Philippe-Pinel, Barbara Pompili, députée (LREM) de la 2ème circonscription de la Somme. La députée a lancé une alerte au gouvernement sur les conditions d’internement des patients suite à sa récente visite dans cet hôpital le 3 novembre.

Depuis plusieurs années, cet hôpital serait en crise, accumulant 11 millions d’euros de dettes. Les psychiatres et infirmiers se font apparemment rares dans ce centre et il arrive qu’il n’y ait que deux infirmiers pour vingt-cinq patients. Ces derniers étant parfois entassés à trois dans des chambres individuelles.

D’après Libération du 20 novembre 2017, voici les mots de Madame Pompili : «C’est une honte. Un système aveugle est en train de nous faire revenir en arrière sur la manière dont nous traitons nos plus faibles. (…)»

La députée a vu la façon dont les patients sont traités, elle évoque d’ailleurs la rencontre avec un patient : «Les infirmiers sont obligés de le laisser seul, attaché, dans son lit la majeure partie de la journée. Il est sanglé, réduit à l’état de mort-vivant condamné. Au mieux il peut errer dans une grande pièce vide sans occupation… On ne peut pas voir cela et rester indemne… C’est une question de droits de l’homme bafoués.»

Un infirmier aurait déclaré : «On ne laisse plus le temps aux gens d’être malades. On donne des sédatifs pour calmer.»

Le centre hospitalier d’Amiens n’est hélas pas le seul hôpital psychiatrique usant de telles maltraitances envers les patients et ce, même dans les hôpitaux où il y a plus de moyens et de personnel. Les patients sont parfois humiliés par les infirmiers et sont souvent bourrés de médicaments aux effets dévastateurs. En cas de réticence, ils sont enfermés en chambre d’isolement pendant des semaines voire des mois. Les séances d’électrochocs font également partie de leurs moyens de traitement. Certaines victimes, qui ont témoigné de leur vécu en psychiatrie auprès de la CCDH, ont déclaré qu’elles auraient préféré être en prison.

Ces horreurs existaient déjà il y a plusieurs siècles, quand en 1795, à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, Philippe Pinel, fondateur de la psychiatrie française croyant en un traitement de la maladie mentale avec compassion et patience, plutôt qu’avec cruauté et violence, a réussi ainsi à faire libérer les patients de leurs chaînes.

La CCDH demande donc qu’une enquête soit menée au sein du centre hospitalier de Philippe Pinel à Amiens afin que des mesures soient entreprises pour assurer la dignité et le respect des droits fondamentaux des patients.

Depuis sa création en 1974, la CCDH dénonce les effets dévastateurs des psychotropes ainsi que les traitements barbares et inhumains administrés au sein des hôpitaux psychiatriques français. L’association cofondée par l’Eglise de Scientologie et le professeur de psychiatrie Dr. Thomas Szasz, lutte pour le respect des droits humains en psychiatrie. Elle reçoit chaque semaine de nombreux témoignages de victimes de ces traitements.

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