Des manifestants en colère exigent l’arrêt immédiat des électrochocs

« L’électroconvulsivothérapie (ECT) est un acte de torture », affirme le Conseil de surveillance de la santé mentale de la Commission des citoyens pour les droits de l’Homme (CCDH). 100 000 Américains, y compris des anciens combattants, des personnes âgées, des femmes enceintes et des enfants de cinq ans ou moins, sont victimes de ce problème de psychiatrie.

Des centaines de personnes ont défilé dans les rues de San Francisco, pour exiger auprès de l’Association Psychiatrique Américaine (APA), réunie au centre des congrès de Moscone pour son assemblée annuelle, de mettre fin aux électrochocs. Cette pratique barbare consiste à envoyer jusqu’à 460 volts dans le cerveau, provoquant une crise épileptique pouvant entraîner une perte de mémoire permanente et des lésions cérébrales. « Les électrochocs sont une torture, pas une thérapie », lisait-on sur les pancartes.

Porte-parole de la CCDH, le Révérend Frederick Shaw a dirigé la manifestation. Ancien député du shérif du comté de Los Angeles et directeur exécutif de l’antenne basée à Inglewood-South Bay de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP), Shaw s’indigne de la sismothérapie appliquée chez les femmes enceintes, enfants et personnes âgées. « La FDA (Food and Drug Administration) n’a jamais demandé aux fabricants d’appareils d’électrochocs de fournir des études cliniques prouvant son innocuité et son efficacité », a-t-il déclaré. « Ils sont toujours sur le marché, même si l’un des fabricants a concédé que l’ECT pouvait provoquer des lésions cérébrales irréversibles. »

Pour insister sur les faits, la CCDH a présenté à San Francisco son exposition itinérante, « Psychiatrie, une industrie de la mort », afin d’informer tous les gens sur l’histoire de la psychiatrie et ses violations des droits de l’Homme.

En ouvrant l’exposition, Shaw a parlé de la résolution nationale 20178 du NAACP condamnant l’utilisation de l’ECT, en particulier chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Jan Eastgate, présidente de la CCDH internationale, a expliqué comment la CCDH avait aidé à la création de la précédente loi californienne de 1976 interdisant le traitement par électrochocs des enfants et des adolescents. « Cette interdiction doit être étendue à tous les groupes d’âge et dans le monde entier », a déclaré Eastgate, « les électrochocs causent des lésions cérébrales et des pertes en vies humaines. La CCDH documente cela depuis 50 ans. Nous sommes la voix des patients et de leurs familles qui souhaitent mettre fin aux pratiques préjudiciables dans le domaine de la santé mentale. »

Les femmes enceintes, même au troisième trimestre de leur grossesse, subissent des électrochocs malgré les risques de fausse couche, d’accouchement prématuré, les bébés mort-nés, les problèmes cardiaques et les malformations du fœtus. Les femmes ont 2 à 3 fois plus de chances que les hommes de recevoir des ECT.

Des centaines d’anciens combattants U.S. reçoivent des électrochocs chaque année, selon les statistiques de l’Administration des anciens combattants.

Les effets indésirables de l’ECT comprennent les complications cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, les troubles cognitifs et de la mémoire, les crises prolongées, l’aggravation des symptômes psychiatriques et les décès.

Un rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur « La santé mentale et les droits de l’homme » a appelé les gouvernements à reconnaître que les traitements psychiatriques forcés, y compris l’ECT, sont des « pratiques constituant de la torture ou d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants… »

Dans son rapport du 16 février 2013, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants a défini des procédures telles que l’électrochoc sans le consentement du patient comme constituant une forme de torture.

Le psychiatre australien, Niall McLaren, a écrit que tout psychiatre qui disait : « Vous avez besoin de l’ECT », dit simplement : ‘Je ne sais pas quoi faire d’autre’. Je répète : aucun psychiatre n’a besoin de recourir à l’ECT. »

La CCDH est un groupe de surveillance de la santé mentale créé en 1969 par l’Église de Scientologie et le regretté psychiatre et professeur émérite de psychiatrie, le Dr Thomas Szasz à l’Université de New York à Syracuse.

La CCDH a joué un rôle déterminant dans l’obtention du droit à l’information et du principe du consentement libre et éclairé des patients, ainsi que dans l’interdiction de l’ECT pour les enfants et les adolescents de Californie, du Colorado, du Tennessee, du Texas et de l’Australie occidentale. Cette dernière impose des sanctions, y compris pénitentiaires, si l’électrochoc est administré à une personne de moins de 14 ans.