La destruction culturelle

Au commentaire général, mais incisif de LRH sur la destruction culturelle par les services de renseignements étrangers, ajoutons quelques détails. Concernant l’utilisation des médias à des fins de perturbation de la population ennemie, Walter Bowart, auteur du livre « Opération manipulation mentale », écrit que : « … la propagande électronique devient l’arme principale pour mener la guerre froide » et cette arme ne fut en aucune façon unilatérale. De nombreuses preuves semblent indiquer qu’en opposition au réseau radiophonique de la CIA, la Voix de l’Amérique, qui diffusait de la propagande occidentale au-delà du rideau de fer, un effort permanent et clandestin fut accompli par les Soviétiques pour susciter les dissensions raciales et syndicales américaines, par l’entremise d’organisations de militants noirs ou gauchistes. De plus, et cela correspond davantage à l’avertissement que nous donne LRH ici, parmi les armes qui apparemment tombèrent dans les mains de terroristes après le démembrement des services de renseignements du bloc de l’Est, il y avait toute une gamme de tactiques de guerre psychologique prête à être déployées au vingt et unième siècle.

La destruction culturelle

de L. Ron Hubbard
30 octobre 1969

La destruction culturelle

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les services de renseignements de l’Est ont mis au point une nouvelle arme.

Les services de sécurité des pays occidentaux aiment beaucoup trop retracer l’histoire du renseignement pour prétendre qu’il n’existe rien de nouveau.

Au cours de ce dernier siècle et même plus tôt, à chaque décennie, de nouvelles technologies du renseignements furent développées. L’étendue du sujet et sa littérature sont si vastes que l’étudiant superficiel ou le dirigeant gouvernemental, dont ce n’est pas la spécialité se trouvent aussi dépassés qu’ils le seraient par le sujet de la littérature chinoise.

A l’Est, le renseignement est extrêmement spécialisé et d’une complexité sophistiquée. Un fondateur des services secrets allemands, lesquels sont extrêmement efficaces et les plus importants que les pays occidentaux aient connus, a passé dix-sept ans à étudier la technologie du renseignement des Japonais et, malgré cela, n’a fait qu’en effleurer la surface.

Par conséquent, il n’y a rien d’étonnant qu’une nouvelle technologie du renseignement ait été utilisée contre les pays occidentaux depuis 1948, sans qu’elle ait été découverte ou comprise.

L’idée fondamentale d’affaiblir ou de corrompre une population remonte à une époque antérieure aux attaques perses contre la Grèce. Naturellement, si la guerre même est une méthode infructueuse ou impossible pour se débarrasser d’un ennemi naturel, on peut avoir recours à un avilissement à long terme de la population.

Dans les faits, une population suffisamment avilie ou affaiblie est démilitarisée.

Là où la confrontation par le combat direct n’est pas souhaitable ou est considérée trop dangereuse, l’affaiblissement du commerce ou de l’économie d’un ennemi et la réduction de sa sphère d’influence par des moyens détournés deviennent la prochaine solution susceptible de donner des résultats. Cela est classique.

L’avilissement et l’affaiblissement de la population ennemie elle-même est plus difficile et demande plus de temps. Bien que cela soit considéré souhaitable par les attaquants potentiels, aucune technologie réalisable pour accomplir ceci dans son intégralité n’avait été mise au point et utilisée sur une échelle quelconque avant 1948.

L’avènement des transports rapides et des moyens de communication de masses, ainsi que l’internationalisation des moyens de contrôle financier, ont fourni l’occasion de concevoir et d’utiliser une technologie capable d’anéantir, en tant que nation efficace, la population ennemie.

La bombe atomique a rendu trop dangereuses les confrontations par combat direct entre les grandes puissances. De ce fait, elle a ouvert la porte à tout programme susceptible de promettre une destruction efficace d’un ennemi supposé, même à long terme.

Des techniques de destruction culturelle ont été mises au point, financées, poussées et mises en œuvre.

L’Occident, naïf et traditionnel dans le domaine de la sécurité, a complètement omis de détecter et de mettre fin à la destruction culturelle, l’arme majeure désormais pleinement utilisée contre les nations occidentales.

Pour les forces de sécurité et les hommes politiques occidentaux, « espionnage » signifie encore « tentatives pour voler les plans d’un navire de guerre ». Même là où les officiers de sécurité occidentaux soupçonnent confusément ce qui se passe, leurs supérieurs politiques ne sont pas enclins à leur permettre d’intervenir, car ils ont été soigneusement amenés à croire à l’inévitable détérioration de l’homme dans la société moderne.

L’essence même de la campagne est de faire en sorte que cela paraisse de nature interne et inévitable avec une explication sociale toute prête, pour tout nouveau déclin.

Les espions – comme ceux qui n’y connaissent pas grand-chose appellent les agents de l’ennemi – sont en général arrêtés à l’endroit d’où ils relaient l’information, après que les citoyens qu’ils ont persuadés de voler des plans les ont dénoncés aux services de sécurité nationale.

Une nouvelle caractéristique dans la destruction culturelle est que ces « espions » sont des agents qui ne font pas de rapport. Ils ne font qu’agir.

Ayant reçu leurs instructions longtemps auparavant, ils n’ont pas besoin d’instructions détaillées supplémentaires. Ils continuent simplement à travailler.

Ces agents n’ont pas besoin des fonds de leurs maîtres, car ils sont financés de l’intérieur et la plupart du temps par les gouvernements qu’ils cherchent à renverser.

Trois choses dissimulent leurs activités :

1. ils prennent des identités (« couverture » dans l’argot du renseignement) qui sont considérées comme étant au-dessus des lois ;
2. ils semblent indispensables à la résolution des troubles qu’ils produisent en fait eux-mêmes ;
3. l’étendue et la coordination de leurs actions sont trop incroyables pour être saisies par les gens qui « voient les choses d’un point de vue raisonnable ».

Toutes les preuves de leurs succès sont pleinement visibles. Pourtant, ils se font passer pour des autorités indispensables à la résolution de ces situations.

L’envolée des taux de criminalité et l’étendue considérable de la toxicomanie sont la marque de la subversion par les services de renseignements et l’ont toujours été. A ces signes les plus courants d’attaques contre la population, la destruction culturelle a ajouté une éducation corrompue, l’envolée des statistiques de la folie, la perversion sexuelle, les conflits raciaux et le sabotage de la santé économique.

 

La destruction culturelle

« L’Occident, naïf et traditionnel dans le domaine de la sécurité, a complètement omis de détecter et de mettre fin à la destruction culturelle, l’arme majeure désormais pleinement utilisée contre les nations occidentales. »

 

L’impulsion quelque peu naturelle de sociétés plutôt barbares à se fourvoyer et à devenir frénétiques est exagérée à un tel point et avec une telle rapidité que pratiquement n’importe qui pourrait s’apercevoir, avec un peu d’aide, que quelqu’un contribue énormément à cette agitation naturelle.

La technologie exacte avec laquelle cela est fait est un sujet d’étude fascinant et révélateur. Toute inventivité qui, d’habitude, surgit uniquement durant de véritables conflits, a été réorientée vers la résolution du problème : « comment détruire une nation qui ne peut pas être combattue directement ? »

L’Angleterre a vu son empire tout entier se réduire à la possession de l’Écosse, du Pays de Galles et de l’Irlande du Nord, ses seuls territoires extérieurs qui restent incontestés. Un événement qui généralement requiert des siècles de déclin s’est produit en deux décennies.

Les États-Unis, héros conquérants de la Seconde Guerre mondiale, en sont réduits à marchander autour d’une table de conférence, alors que leurs minuscules confrères ennemis dirigent des campagnes publiques pour mener à son terme la guerre à l’intérieur des frontières des États-Unis.

Toute voix qui s’élève pour protester contre le déclin national est étouffée et dénigrée ; telle est devenue la force de l’ennemi extérieur.

Les forces de sécurité en Occident ne voient en tout cela, quand même elles l’observent, qu’une tentative pour provoquer une révolte interne. Ce n’est pas une tentative de révolte. C’est une destruction culturelle à grande échelle.

Il a fallu un demi-siècle aux initiateurs pour réduire à néant les normes d’éducation fondamentales des peuples occidentaux et y substituer de nouvelles valeurs, ou leur absence, ce qui a ouvert la porte à la subversion totale. C’est une recherche intéressante que d’examiner les changements qui furent opérés dans les manuels scolaires petit à petit et insidieusement, les relations de leurs auteurs, ainsi que la couleur politique et le passé des « éducateurs » qui recommandaient ces changements.

On peut directement retrouver en territoire ennemi l’origine des méthodes éducatives utilisées par les « scientifiques sociaux ».

les institutions culturelles fondamentales sur lesquelles on comptait habituellement pour maintenir les normes de la société occidentale ont été infiltrées, discréditées, et leur autorité leur a été retirée. Le motif de la destruction des Églises a sa source directement chez l’ennemi.

Une multitude de sociétés « irréprochablement respectables » ont fait leur apparition à la place de ces institutions. Elles sont dirigées par des escrocs, doucereux et volubiles, liés à l’ennemi. Les congrès et les parlements écoutent leurs conseils mortels avec une révérence généralement réservée aux pères dans les sociétés barbares.

Récemment, dans deux pays, les gouvernements ont couvert toutes les dépenses des réunions des agents ennemis qui, dans leurs hôtels chics, soigneusement protégés par les forces de sécurité internes, ont planifié et minutieusement mis en œuvre les étapes suivantes de la destruction culturelle de ces pays ; et par-dessus le marché, derrière des portes soigneusement closes, ils ont débattu de l’abolition des Constitutions de leurs hôtes et de la suppression de leurs frontières. Un grand pourcentage des participants venait directement du territoire ennemi.

Un autre membre de ce groupe, une ennemi déclaré, fut écouté avec attention par une commission du Congrès qui agissait déjà sur ses conseils de ne pas s’opposer avec tant de zèle à la propagation de la toxicomanie encouragée par ses infiniment « respectables » amis.

 

La destruction culturelle

« On peut directement retrouver en territoire ennemi l’origine des méthodes éducatives utilisées par les « scientifiques sociaux ». Les institutions culturelles fondamentales sur lesquelles on comptait habituellement pour maintenir les normes de la société occidentale ont été infiltrées, discréditées, et leur autorité leur a été retirée. Le motif de la destruction des Eglises a sa source directement chez l’ennemi. »

 

Une cinquantaine environ de ces « sociologues tout à fait respectables » sont récemment entrés dans une nation occidentale en venant directement de pays satellites. Ils s’y sont immédiatement installés, merveilleusement financés, complètement au-dessus des lois, parce qu’ils étaient des « autorités » et des « scientifiques », et parce que des « sociétés professionnelles éminemment respectables » s’en portaient garantes. Les forces de sécurité qui se trouvaient là s’en impatientaient, mais bien sûr, elle ne pouvaient rien faire à cause de « pressions venant d’en haut ».

Cela a été si loin que quiconque en parle se fait immédiatement accuser de « voir un rouge à tous les coins de rue ». Le dernier personnage politique aux États-Unis qui refusait de croire que ces choses étaient « naturelles » a été stoppé et tué aussi sûrement que s’il avait été empoisonné.

Il y a de nombreuses façons de gagner dans la compétition entre nations. Lorsqu’une guerre ouverte est impossible ou que les agents secrets de l’armée ne donnent rien, il reste la destruction culturelle, un outil complexe très ingénieux qui non seulement anéantit la volonté nationale de se battre, mais réduit et détruit également le tissu économique et social de l’ennemi.

Si des mesures ne sont pas prises, si la tendance n’est pas arrêtée, l’Occident sera mort d’ici une dizaine d’années.