Discrimination en France

Conférence de revue de l’OSCE

(Varsovie, 26 septembre – 7 octobre 2011)

Discrimination en France :

La MIVILUDES favorise la discrimination et l’intolérance

par le biais d’une nouvelle formation universitaire orientée

 

Cette année, en France, la Miviludes (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les dérives sectaires) et son président Georges Fenech ont franchi un pas de plus dans leur programme de stigmatisation des minorités religieuses étiquetées avec mépris « mouvements sectaires ».

Dès 2008, juste avant sa nomination à la tête de la Miviludes par le Premier Ministre français, M. Fenech avait annoncé son programme : {{1}} former les magistrats parce qu’il n’y a aucune définition du concept de « sujétion psychologique » dans le texte connu sous le nom de « loi About-Picard », adoptée pour transformer le prosélytisme des minorités religieuses en délit sous le nom « d’abus de faiblesse » ; les juges ne savaient pas si l’adhésion à ce type de groupes constituait une sujétion psychologique ou non. Il recommandait aussi de « former » la police, les travailleurs sociaux, les éducateurs travaillant auprès des jeunes et les psychiatres, afin qu’ils sachent quels groupes devaient être considérés comme des « mouvements sectaires ».

Selon les documents obtenus en vertu de la loi d’accès aux documents administratifs {{2}}, les formations organisées jusqu’ici à l’intention des juges, de la police et d’autres membres de la fonction publique, loin d’être un exposé général sur les dérives sectaires, ont inclus des exposés spécifiques sur la Scientologie, les Témoins de Jéhovah et d’autres groupes visés, avec des informations données par des représentants d’associations anti-sectes sans aucune possibilité de contradiction, de débat ou de démenti par les groupes concernés. Parmi les documents distribués aux participants se trouvaient des articles de presse hostiles et des décisions de justice exclusivement négatives, les décisions de justice provenant de juridictions supérieures et contredisant ces premières décisions étant, elles, absentes. La jurisprudence positive avait été complètement ignorée.

A présent, une nouvelle formation universitaire vient d’être créée sur « l’emprise sectaire » {{3}}, afin de former travailleurs sociaux, professionnels de la justice, psychiatres et personnel médical à reconnaître dans le cadre de leur activité professionnelle les soi-disant « victimes de sectes », même s’il s’agit de personnes qui ont choisi librement de devenir membres de minorités religieuses. La formation couvrira également la façon « d’exfiltrer » quelqu’un d’une secte, pratique hautement contestable, au même titre que le kidnapping et la déprogrammation {{4}}.

Cet enseignement comprend 144 heures de cours et des analyses de cas pratiques dans chacune des matières, des apostats venant témoigner sur la minorité religieuse ou de conviction qu’ils ont quittée. Il est organisé par le Secrétaire général de la Miviludes, Hervé Machi, une psychologue, Sonya Jougla, dont la déclaration suivante était citée dans le programme de M. Fenech en 2008 {{5}} « il est encore plus difficile de préserver un enfant de la croyance de ses parents que de leurs coups ou de leur sexualité incestueuse », et Jean-Pierre Jougla, administrateur de l’UNADFI, association anti-secte financée par les fonds publics.

Comme dans les formations précédentes, l’accent sera mis sur des mouvements spécifiques qui seront stigmatisés par les apostats {{6}} et considérés de fait comme des sectes dangereuses, sans avoir aucune possibilité de répondre. Toutes les étapes décrites en 2008 afin d’organiser la stigmatisation des minorités religieuses ont été mises en place par la Miviludes et son président. Cette désinformation insidieuse diffuse l’intolérance et la discrimination dans les institutions et la société françaises. Nous prions respectueusement l’OSCE d’intervenir afin de mettre un terme à cette situation.

 

 

[[1]] Voir le rapport « La justice face aux dérives sectaires », La documentation française, 2008[[1]]

[[2]] Voir annexe 1 : Programme de formation de l’Ecole nationale de la Magistrature[[2]]

[[3]] Voir annexe 2 : programme de l’université[[3]]

[[4]] Voir annexe 3 : Exit counseling[[4]]

[[5]] Voir le rapport « La justice face aux dérives sectaires », La documentation française, 2008[[5]]

[[6]] Voir annexe 2 : programme de l’université[[6]]