L’éducation : partie 5

L’apprentissage d’un vocabulaire

[…] Ensuite, Bébé continue son babillage employant des « a vu a vache » et des « moi » à la place des « je » ; il dit beaucoup de choses de travers jusqu’à l’âge de dix ans, âge auquel l’école commence à le corriger avec ménagement.

Bébé grandit et à l’âge de cinq ans, il commence à lire des contes de fées, puis va dans les bois à la recherche d’une nymphe sortant d’un arbre avec un sac d’or qui jamais, jamais ne se tarira, même si on y puise constamment.

Ces trois cas d’école devraient vous mettre sur la piste d’une solution. Dans le premier, on ne peut pas dire quelque chose à quelqu’un sans le lui imposer par la peur ou par une occasion censée servir d’exemple. Ce premier cas c’est la méthode « à la dure », mais quelle chose cruelle et inutile! Il n’y a aucune raison d’administrer de la douleur pour enseigner quelque chose. Il n’y a aucune raison de dire : « Si tu n’apprends pas cela, tu n’arriveras jamais à rien. » C ‘est de la peur. Il est tout aussi incorrect de dire : « Tu seras intelligent si tu apprends cela. »

Différentes façons de jouer sur la peur, et cette dernière revient à dire que l’enfant n’est pas intelligent. Si maman avait tout doucement amené la petite fille près de la chaudière et lui avait dit : « Tu vois, il y a du feu dedans ! Regarde comme c’est chaud ! Cela te tiendra chaud », l’enfant aurait pensé que le feu était joli et l’aurait admiré et aurait peut-être essayé de toucher la chaudière. Mais, c’est chaud à proximité. Elle écarte sa main avec un petit sourire bête et dit : « Chaud », et le tour est joué.

Dans l’enseignement des langues, c’est toujours la même façon de procéder. On apprend la conjugaison et une demi-douzaine de mots, puis brusquement, on se retrouve avec un livre entièrement écrit dans cette langue, et c’est parti pour une traduction mot à mot griffonnée entre les lignes. Quelle perte de temps pour le professeur et l’étudiant !

Il est préférable d’utiliser une méthode complètement différente. D’abord, il y a de très belles histoires de voyages. Les pays d’Amérique du Sud, par exemple, font partie des plus beaux pays du monde. Un véritable paradis se trouve au sud de chez nous. Et quand nous y allons, nous passons pour des idiots à cause de la langue. Quatre ans d’espagnol au lycée et à l’université ne valent pas un mois passé au Mexique.

Si nous voulons apprendre les langues, il faut enterrer le croque-mitaine de la conjugaison. Une conjugaison correcte est très précise et élégante, mais ça ne vaut rien quand on se retrouve sur la plage, à chercher ses mots pour expliquer à un marchand qu’on est prêt à balayer en échange d’un repas. Il pense généralement que vous essayez d’acheter un ballon de plage.

J’ai essayé. Un petit garçon américain, un jour, est devenu ami avec un garçon espagnol et il a appris une centaine de mots d’espagnol en une semaine environ. Soudain, sa mère a eu l’idée qu’il voulait parler espagnol et l’a envoyé chez un docteur qui parlait bien espagnol. Résultat ? Un futur polyglotte complètement massacré, tout simplement parce que le docteur disait : « Voilà le verbe amar. On dit amo, amas, ama… » Tout ce qu’il y a de plus mortel pour tuer une ambition.

Il n’est pas difficile d’apprendre un vocabulaire de cinq cents mots tant que l’on ne se heurte pas à quelque pierre d’achoppement qui nous convainc de la difficulté de parler une langue étrangère. Je serais curieux de voir le résultat si une école apprenait ce vocabulaire à ses élèves en leur disant : « C ‘est de l’espagnol. Personne dans l’école, en dehors de vous autres élèves, ne saura de quoi vous parlez si vous parlez en espagnol. » Des films espagnols avec des sous-titres anglais et des dialogues simples vous apprendront plus d’espagnol en une heure de temps que ne le fera un manuel scolaire en un an. […]

 

Voir partie 6

Le texte « L’éducation » écrit par Ron Hubbard, est disponible dans son entièreté dans le volume de La collection L. Ron Hubbard : « Le philanthrope : éducation, culture et civilisation »