L’éducation : partie 7

Vrai ou fausse éducation

[…] Permettez-moi alors de poser cette question : comment quelqu’un pourrait-il résoudre une question quelconque sans avoir un minimum de connaissance dans le domaine concerné ? Comment se fait-il qu’un penseur avisé puisse, à partir de quelques données glanées ici et là, arriver à un tout cohérent, alors que d’autres personnes qui se sont escrimées toute leur vie dans ce même domaine n’ont pu entrevoir la vérité ? Tel est le cas d’un jeune artiste maquilleur dénigré par tous les chimistes du pays ; il a finalement étudié quelques semaines et mis au point un plastique pour ses propres besoins.

Tout le monde est déconcerté par cette bizarrerie. Mais ce n’est pas bizarre. Si nous voulons que les enfants de l’homme vivent une vie plus heureuse, l’enseignement que nous leur fournissons doit leur permettre de facilement résoudre un problème ordinaire. Pour cela, il nous faut des faits. Des faits réels dont l’enfant se souviendra. Ouvrir le sommet d’un crâne et y déverser quarante livres pour donner un diplôme et un titre au propriétaire du crâne n’est pas de l’éducation, mais de la boucherie.

Nous avons des bibliothèques, et nous n’avons pas besoin de classeurs à deux pattes. Il est vrai que le garçon et la fille qui terminent premiers de la classe trouvent généralement de très bons emplois, mais souvent en tant que classeurs à deux pattes. C ‘est injuste envers eux. C’est vrai, leurs diplômes et leurs notes ont fait beaucoup pour qu’ils atteignent des positions aussi élevées, parce que la « société » apprécie ce genre de choses. Mais c’est un père malheureux celui dont l’enfant se fatigue et perd tout d’un coup sa vitalité, assailli par l’avalanche de faits, l’humiliation de l’échec et le mépris des anciens. À cela, il faut généralement ajouter la honte, voire la colère des parents. A-t-on jamais vu telle folie ?

Parfois, un garçon ou une fille, ayant une grande puissance de raisonnement et pas trop de soucis, se propulse en tête de classe et reçoit les honneurs pour ses accomplissements intellectuels et sportifs, sans jamais sembler se faire beaucoup de mauvais sang. Leur sort est bien meilleur, mais ce sont les véritables génies du monde et le système éducatif les a empêchés de devenir les « pointures » qu’ils auraient pu être.

Nous faisons face au chômage et une grande partie des petits travaux est effectuée par des gens qui ont été formés pour avoir de meilleures situations. On peut trouver une femme diplômée pour la décoration intérieure en train de gagner dans un magasin une somme ridicule par rapport à ce qu’a coûté son éducation. Les ingénieurs deviennent géomètres, car les travaux de construction de routes sont dirigés par le neveu du directeur des services techniques. À quarante ans, le biologiste diplômé se retrouve en train de vendre des chaussures.

Ce n’est pas parce qu’ils sont moins brillants, mais parce qu’il y a une profusion de diplômes dans le monde. En fait, les hommes et les femmes qui sont obligés de prendre de tels postes sont le plus souvent les mieux armés pour tenir les postes plus élevés. C’est honorable de finir l’année en milieu de classe, mais pas pour le monde des affaires. Ce genre de choses va toutefois bientôt changer.

Toutes ces personnes peuvent faire de bons éducateurs, surtout une fois qu’elles ont dû, à leur grande surprise, se battre contre le monde. Si de telles personnes étaient placées à des postes d’enseignement dans leur propre domaine, le personnel enseignant actuellement surchargé de travail aurait une petite chance de vivre une vie plus calme, sans soucis financiers, et sans que leur réputation soit mise à mal ; car lorsque l’armée s’agrandit, les sergents deviennent toujours capitaines.

Ron Hubbard

 

Le texte « L’éducation » écrit par Ron Hubbard, est disponible en entier dans le volume de La collection L. Ron Hubbard : « Le philanthrope : éducation, culture et civilisation »