La CCDH demande l’interdiction des électrochocs

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) de San Francisco révèle que les électrochocs (ECT-Electro Convulsive Therapy) sont encore très utilisés y compris sur des enfants.

La CCDH, organisation internationale de surveillance sur la psychiatrie, fondée en 1969, a renouvelé son appel en faveur de l’interdiction des électrochocs, procédure psychiatrique très controversée lors d’un séminaire organisé par l’Église de Scientologie de San Francisco.

Malgré l’idée fausse mais répandue selon laquelle l’utilisation des électrochocs a cessé, l’association prévient que la procédure barbare en question est encore très utilisée et a été étendue à d’autres formes de stimulation électrique du cerveau – y compris chez les enfants. Selon le Département des services de santé humaine de Pennsylvanie, 13 enfants, âgés d’un jour à cinq ans, ont reçu des électrochocs en 2014.

Linda Lagemann, directrice exécutive du bureau national de la CCDH à Washington, D.C., invitée au séminaire, a décrit le travail qu’elle réalise afin d’éduquer les législateurs et divers autres groupes et individus responsables de l’élaboration des politiques de santé sur ce qu’elle appelle l’histoire et les intentions alarmantes de la communauté psychiatrique et les électrochocs en particulier.

Lors de cette journée, des histoires de rescapés de la psychiatrie ont été racontées, notamment celle de Ted Chabasinski, avocat de Berkeley. Son épreuve aux mains des psychiatres a commencé alors qu’il n’avait que 6 ans. Puisque sa mère biologique avait été diagnostiquée « schizophrène », il l’avait également été. L’étiquette lui avait été appliquée bien qu’il soit suffisamment doué pour avoir sauté une classe, passant du CP au CE2. Néanmoins, il reçut une série de 20 électrochocs dans le cadre d’une expérience à laquelle ont participé des centaines d’autres enfants.

« C’était totalement terrifiant, se souvient Chabasinski, c’était comme être mis à mort, encore et encore. Je n’avais aucune idée, à l’âge de 6 ans, de la raison pour laquelle on me faisait ça. »

Chabasinki a survécu, a milité dans le mouvement des droits civiques et est finalement devenu avocat. En 1982, il a mené avec succès une initiative visant à interdire les électrochocs dans la ville de Berkeley. Cette mesure a par la suite été renversée par des intérêts psychiatriques bien financés. En tant qu’avocat des droits des patients, il a continué à défendre les droits de l’homme.

La CCDH a été co-fondée en 1969 par l’Église de Scientologie et le professeur de psychiatrie Dr Thomas Szasz. Il s’agit d’un organisme de surveillance de la santé mentale qui travaille avec les professionnels de la santé, y compris des médecins, des scientifiques, des infirmières et quelques psychiatres qui ont pris position contre le modèle biologique/pharmaceutique promu par les industries psychiatriques et pharmaceutiques. Il s’agit d’un organisme apolitique et non religieux qui se consacre à l’éradication des violences dans le domaine de la santé mentale et à la protection des patients et des consommateurs. Le conseil consultatif de la CCDH, dont les membres sont appelés commissaires, comprend des médecins, des scientifiques, des psychologues, des avocats, des législateurs, des éducateurs, des professionnels des affaires, des artistes et des représentants des droits civils et des droits de la personne.