L’accent mis sur les aptitudes – 4ème partie

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Voyons un peu cette formule de la communication et notons que nous devons trouver « une duplication au point-effet de ce qui émane du point-cause ». L’exemple typique est celui du télégramme qu’on envoie de New York à San Francisco : « Je vous adore. » En arrivant à San Francisco, le système de communication a déformé le message et retransmet : « Je vous abhorre. » Cet échec dans la duplication est considéré comme une erreur et provoquera des complications et des ennuis considérables. On ne pourrait pas alors la considérer comme une très bonne communication. Il n’y a rien à redire à l’intention originelle. Il n’y a rien à redire à l’attention qu’on a portée au télégramme à son arrivée à San Francisco. La seule erreur provient d’un manque de « duplication au point-effet de ce qui émanait du point-cause ».

Si la vie est compréhension, il doit lui sembler très, très difficile de communiquer avec quelque chose qui est une non-compréhension. En d’autres termes, la vie qui se heurte à une chose non compréhensible se sent contrecarrée. En effet, la vie, étant compréhension, ne pourrait devenir non-compréhension qu’en assumant le rôle de l’incompréhensibilité. Et c’est ainsi que le chercheur de secrets se fait prendre au piège en devenant un secret lui-même, à moins qu’il ne fasse attention où il met les pieds.

Si l’on a au point-effet quelque chose d’incompréhensible, et si l’on se trouve au point-cause, il faut, pour faire parvenir la moindre communication au point-effet, que le point-cause réduise d’une façon ou d’une autre son potentiel de compréhension dans le sens de l’incompréhensibilité. Le vendeur connaît parfaitement le truc. Il observe son client, s’aperçoit que celui-ci s’intéresse au golf, et fait semblant de s’intéresser lui-même au golf pour que le client écoute ses arguments de vente. Le vendeur établit des points d’accord (et une duplication potentielle), puis entre en communication.

Ainsi, les chercheurs de vérité se sont-ils souvent avancés rien que dans des labyrinthes de non-vérité — de secrets — pour devenir eux-mêmes incompréhensibles en formulant des conclusions d’incompréhensibilité. C’est ce qui explique l’état des textes philosophiques que l’on trouve sur Terre. Comme magnifique exemple, nous avons celui d’Emmanuel Kant, le « grand Chinois de Kônigsberg » qui, avec ses propositions participiales et ses locutions adverbiales allemandes (et avec son renversement radical d’opinion entre son premier livre et son deuxième livre) déconcerte toute notre compréhension, comme cela a déconcerté celle des étudiants en philosophie depuis la fin du XVIIie siècle. Mais le fait même d’être incompréhensible est pour lui source de pérennité. En effet, la vie se sent défiée par ce qui, prétendant être compréhensible, n’est pourtant qu’une incompréhensibilité. C’est le tombeau dans lequel tant de philoosophes mettent le pied. C’est le cercueil dans lequel le mathématicien, qui cherche dans les mathématiques les secrets de l’univers, finit par s’enfermer.

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Extrait du livre Dianétique 55 – L. Ron Hubbard