L’école du crime (partie 4)

Dans un pénitencier

[…] Dans cet empilement de pierres grises, grand et morne, le jeune découvre qu’il existe une couche de la société qui en fait veut bien de lui. Il n’a jamais vu un véritable criminel auparavant et cette réalité l’impressionne. Il entend des hommes parler fièrement de braquages. Il reçoit le traitement habituel donné à tous les bizuts. C’est un moins que rien !

Grâce aux bons soins de l’État, dans un pénitencier ou une maison de correction, le jeune reçoit un traitement rigoureux. Quand il reçoit son diplôme, sa carrière est toute tracée. C’est un sniffeur, un pervers ou un dur à cuire, mais dans la plupart des cas, il est très certainement prêt à se montrer digne de la seule institution qui se soit jamais intéressée à lui.

Arrive alors une seconde crise dans sa vie. Lors de sa première demi-douzaine de coups avec les copains de ses copains, il doit se charger des postes et des missions les plus dangereuses. Il a donc une excellente chance de se faire soit descendre, soit embarquer par la police vigilante, brave et intelligente.

S’il en vient à franchir cette épreuve du feu, il sera un homme plus sage. Et de même que la guerre développe la ruse chez le « combattant individuel » qui lui permet de survivre au reste de sa compagnie sous n’importe quelles conditions, l’expérience sert de bouclier au criminel désormais endurci.

Tout naturellement, il suit la seule profession pour laquelle il ait jamais eu une formation complète. Peu importe combien de fois il se fait prendre, son sens de l’importance lui interdit de penser que cela se reproduira. Qu’il soit pris et repris est inévitable, tout aussi inévitable que le fait qu’un comité de probation le relâchera.

Il retourne en prison comme un diplômé retourne à l’alma mater, et il y a dans ces mots plus de vérité que d’esprit. Écouter ces hommes assis en train d’échanger des propos sur leurs expériences donne lieu au plus grand étonnement.

« Trente-trois ? Ouais, j’étais à Leavenworth. Jimmy Fenton y était.
— Ah ouais ? Ça alors, c’est pas croyable. Lui et moi on était à Alcatraz. On avait un maton coriace là-bas… »

Et l’apparence de ces types est tout aussi étonnante. Un vieux monsieur tout gentil se trouvait avoir à son actif une liste de méfaits suffisante pour l’envoyer dans quatre pénitenciers majeurs.

Un fâcheux défaut de l’Anglo-saxon est qu’il insiste pour qu’une solution soit présentée à chaque problème avancé.

Il y a de nombreuses solutions autres que la solution facile, bancale et stupide qui consiste à envoyer un adolescent en prison. Il y a suffisamment de solutions pour remplir une encyclopédie. Mais la race humaine a été éduquée, ou non éduquée, de telle manière que le vœu « renvoyez-le-dans-le-ventre-maternel » prédomine, et ce à un point tel que la plupart des gens ne sont conscients d’aucune autre solution.

Il suffit de dire que la discipline — et non l’éducation criminelle par le biais de la prison — a changé la destinée de plus d’hommes qu’il n’y a d’hommes prêts à l’admettre.

[…]

Voir partie 5

Le texte « L’école du crime » écrit par Ron Hubbard est disponible dans son entièreté dans le livre Le philanthrope : La route vers le respect de soi-même de La Collection L. Ron Hubbard.