L’éducation : partie 1

Il y a tout autant de degrés et de types d’intelligences qu’il y a d’enfants

À ce jour, que je sache, on ne marche plus à la baguette dans nos écoles. Nous avons à faire face à une surcharge de travail dans beaucoup de nos écoles ainsi qu’à une grande quantité de matières inutiles. Mais permettez-moi de vous dire d’entrée de jeu qu’un homme qui a eu une scolarité malheureuse ne connaîtra jamais le bonheur à moins d’être capable de «parvenir» à une position si élevée que le seul fait d’y penser donne le vertige.

Il est effrayant de constater à quel point l’éducation essaye de réduire tous les enfants au même niveau intellectuel. Il y a tout autant de degrés et de types d’intelligences qu’il y a d’enfants. La chose la plus dure, la plus inutile et la plus odieuse jamais inventée est l’épreuve commune, celle que tout le monde passe en même temps. C’est là que, dans une classe, chacun apprend ce qu’est le ressentiment à l’encontre d’un autre. «L’enfant brillant» ne l’est pas toujours. Il a eu de la chance parce qu’il est en sécurité à la maison et que la seule crainte qu’il ait jamais eue était, peut-être, de ne pas devenir ingénieur.

Un tel garçon est toujours exaspérant. Une telle fille est toujours un petit peu trop prétentieuse. Quelle en est la raison ? Parce que la publication des résultats de l’épreuve montre que ce garçon ou cette fille est plus « intelligent » que le reste de la classe.

C’est pour ce garçon et pour cette fille que « la société » fonctionne. Leurs aptitudes mentales sont moyennes, leur vie familiale est bonne. Leurs vêtements sont comme il faut, et leur apparence aussi. Soumis à l’épreuve des faits, il s’avère souvent qu’ils manquent tous deux d’imagination, mais qu’ils ont ce que l’on appelle une excellente mémoire.

Voici leurs principales caractéristiques (et, en cela, nous pouvons pratiquement parler en toute généralité) : ils ont une confiance absolue dans leur professeur. Leurs maisons sont bien tenues et ils n’y sont jamais dérangés par un sentiment d’insécurité. L’école appose un tampon sur leur diplôme et voilà ! Le monde tient pour acquis qu’ils sont les cracks, garçon et fille, et ainsi le garçon se retrouve avec un emploi.

On lui demande d’aller sur le quai pour voir combien il y a de gravier dans une barge. Six heures plus tard, son patron vient voir ce qui lui prend tant de temps et trouve le garçon assis sur une bitte d’amarrage, entouré de feuilles de papier, travaillant furieusement avec sa règle à calcul, et essayant d’obtenir la courbe permettant de totaliser tout le gravier et donc… Cela prend cinq secondes au patron. Avec un peu de mépris, il lui montre les marques indiquant le tirant d’eau de la barge et le problème est résolu.

Ce phénomène a tellement dérouté les ingénieurs d’antan de par sa fréquente répétition qu’il circule une idée très malsaine selon laquelle « les types qui sortent de l’université sont des idiots ! » Ce garçon était naturellement capable de traverser l’existence sans souci grâce à un très bon cerveau et, trop tardivement, il se met à utiliser tout ce qu’il a entassé pêle-mêle en mémoire. Quand il voit une courbe, il croule sous un déluge de formules concernant les courbes et rien d’autre.

Il manque d’imagination, voilà ce qu’on en dit. Et c’est exact. On lui a donné plus de choses à apprendre qu’on ne lui a donné de problèmes à résoudre, et ces petites bêtises qu’il trouve dans les manuels scolaires ne sont pas des problèmes. […]

 

Voir partie 2

Le texte « L’éducation » écrit par Ron Hubbard, est disponible dans son entièreté dans le volume de La collection L. Ron Hubbard : «Le philanthrope : éducation, culture et civilisation»