Nouvel arrêté sur la dangerosité des psychotropes au volant

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) alerte la population, la presse ainsi que le gouvernement concernant les risques et dangers que peuvent créer certains psychotropes sur la conduite des consommateurs.

Le 13 mars 2017, un nouvel arrêté du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, relatif à l’apposition d’un pictogramme sur le conditionnement extérieur de certains médicaments et produits, est paru au Journal officiel. Ce dernier modifie l’arrêté du 8 août 2008 pris pour l’application de l’article R. 5121-139 du code de la santé publique. Cet arrêté du 13 mars pointe du doigt 33 médicaments supplémentaires dangereux pour la conduite.

À ce propos, l’Ordre des pharmaciens, la Sécurité routière ainsi que la Direction générale de la santé se lancent dans une collaboration dont l’objectif est d’informer la population des risques de l’association entre la conduite et la prise de médicaments.

Leur campagne d’information repose sur la mobilisation de l’ensemble des pharmaciens qui recevront des kits ainsi qu’une affiche comportant le slogan « La sécurité sur la route commence sur votre table de nuit ». La mission de cette campagne est de faire connaître d’avantage aux conducteurs qui consomment ce type de médicaments, les risques qu’ils encourent pour leur propre vie, mais également le danger qu’ils peuvent représenter face aux autres usagers de la route.

Pour cela, la campagne compte rappeler les trois pictogrammes de signalisation désormais présents sur les boîtes de médicaments :

  • Niveau 1 : Soyez prudent. Ne pas conduire sans avoir lu la notice.
  • Niveau 2 : Soyez très prudent. Ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé.
  • Niveau 3 : Attention, danger : ne pas conduire. Pour la reprise de la conduite, demandez l’avis d’un médecin.

La majorité des benzodiazépines sont passés de la catégorie 2 ci-dessus, à la catégorie 3. En effet, cette catégorie de psychotropes peut causer des effets secondaires dévastateurs. Environ 20% des effets indésirables de ces médicaments sont des affections du système nerveux (somnolence, coma, perte de conscience, etc) et environ 15% sont des affections psychiatriques (trouble du comportement, hallucination, confusion, agitation, etc).

L’Ordre des pharmaciens déclare que « 3,4% des accidents mortels de la route sont attribués à une prise de médicaments ». Il précise également que les benzodiazépines sont en cause dans la moitié des cas.

Malgré le danger que ces psychotropes représentent et leur manque d’efficacité, les Français sont parmi les plus gros consommateurs de somnifères au monde. En 2015, plus de 114 millions de boîtes de benzodiazépines ont été remboursées par la Sécurité Sociale en France, pour un montant de 136 millions d’euros.

Pour essayer d’enrayer ce phénomène, le 1er décembre 2014, la Haute Autorité de Santé a décidé que 10 benzodiazépines ne seraient plus remboursées qu’à 15% au lieu de 65% en raison de leur manque d’efficacité et de leurs risques trop importants. Cette décision faisait suite à un rapport de la commission de transparence.

Les benzodiazépines ne sont pas les seuls psychotropes dangereux pour la conduite. En effet, les boîtes d’antidépresseurs et de psychostimulants auront également droit à leur pictogramme (niveau 2). Quant aux antipsychotiques, les boîtes porteront les pictogrammes de niveaux 2 et 3.

Alors que des millions de français sont concernés par ce problème de santé et sécurité publique, la CCDH encourage les autorités à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire respecter vigoureusement cet arrêté afin que la sécurité des usagers de la route soit assurée.

La CCDH est une association spécialisée dans la protection des droits de l’Homme dans le domaine de la santé mentale. Elle dénonce depuis plus de 40 ans en France les effets secondaires des anxiolytiques, benzodiazépines, antidépresseurs et autres psychotropes dangereux.

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