Ma seule défense pour avoir vécu (partie 2)

[…] J’ai toujours procédé avec l’idée quelque peu naïve que ma vie m’appartenait et que je devais la vivre de mon mieux. Une vie n’est pas toujours facile à vivre. Quand elle entre dans « le domaine public », comme la mienne semble y être entrée, on n’est pas préparé et très peu enclin à l’expliquer en long et en large. Elle a été vécue et ne peut pas être dé-vécue, c’est tout. Et donc la seule chose qui compte, c’est ce qui a résulté du fait d’avoir vécu.

Je n’ai jamais considéré que cela valait la peine de vivre d’une manière crédible, car c’est là un compromis qui prive l’individu de son intégrité personnelle. De plus, il n’y a bien entendu que des esprits bornés pour tenter d’expliquer les inventions techniques d’un savant par la façon dont il joue de la mandoline — et pourtant, certains essayent.

L’ennui avec ma vie est qu’elle a été remplie d’aventures, et elle pourrait constituer une lecture intéressante pour ceux qui aiment de tels récits. Ce n’est pas dans une tour d’ivoire qu’on étudie l’homme avec succès, et il a donc été dans mes intentions de mener une vie bien remplie, dans de nombreux milieux sociaux, afin de le comprendre. Et je l’ai fait.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé tout ce que les hommes font et disent. Mais je peux affirmer qu’en dépit de nombreuses raisons contraires, j’ai persisté à l’aider de mon mieux et je suis resté son ami. J’ai cessé de parler de ma propre vie depuis longtemps. J’ai compris il y a longtemps que l’homme possède ses propres critères de croyance et qu’il se sent défié si la réalité n’est pas compatible avec ceux-ci.

Par exemple, je savais lire et écrire quand j’avais trois ans et demi. Je pouvais lire dans les pensées et prédire le futur avec une grande précision. Les gens sont stupéfaits devant de telles capacités et j’ai appris très vite dans cette vie à les garder pour moi, sinon toute vie sociale m’aurait été impossible.

J’ai grandi au Far West, dans un monde brutal où l’on vénérait la force. J’ai appris à vivre dans un environnement dur et sans pitié, à survivre à des blizzards sous moins quarante degrés et à garder mes propres convictions dans une société barbare où les souffrances les plus atroces amusaient les gens. Elle possédait ses propres légendes. J’y ai vécu mes propres aventures, mais j’ai aussi appris à minimiser les faits.

À peine acclimaté au Far West, cette vie-ci, j’ai dû partir dans le Pacifique Sud et en Asie où j’ai découvert un monde de courtoisie et de manières aimables. Là, j’ai dû adopter un nouveau mode de vie pour survivre.

À peine ce dernier était-il acquis que je me suis retrouvé contre mon gré dans le monde universitaire, pour étudier l’ingénierie et les mathématiques. Là, j’en ai appris davantage sur les contacts sociaux. Un domaine dans lequel j’ai assez bien réussi, puisque je suis devenu le président de divers clubs et associations universitaires. Mais quand j’ai adapté des mathématiques mortes à des applications modernes et nouvelles, j’ai porté une terrible atteinte aux préjugés de mes professeurs qui pensaient que les mathématiques mortes ne devraient plus servir à rien.

Le monde où nous vivions venait de me donner une nouvelle leçon. J’ai été ridiculisé ou réprouvé trop souvent, parce que j’écrivais ou cherchais la vérité, pour être épris des donjons artificiels de la connaissance si éloignés de la vie. Plutôt que de persister dans le monde universitaire, je décidai d’aller étudier d’autres races humaines et organisai une expédition à bord d’un vieux quatre-mâts. Je trouve amusant que certains me reprochent de ne pas avoir étudié à l’université un sujet qui n’y était pas enseigné et que j’ai dû moi-même développer pour combler les lacunes que l’homme avait quant à la connaissance de lui-même. Les réponses n’existaient pas dans les livres de philosophie que j’ai étudiés. Il a fallu les chercher dans le monde réel.
[…]

Voir partie 3

Le texte Ma seule défense pour avoir vécu est disponible dans son entièreté dans le livre « Philosophe et fondateur l’âme humaine redécouverte » de La collection L. Ron Hubbard.